Au lendemain des élections générales en Guinée Bissau, le monde entier a appris avec stupeur la survenue d’un coup d’état militaire dans ce pays situé au sud du Sénégal. Les généraux ont renversé le président en exercice qui était candidat à sa propre succession face à 14 concurrents. Mais avant la publication des résultats par la commission électorale nationale, seule habilitée à publier officiellement les résultats du scrutin, des militaires se sont introduits dans le palais présidentiel où ils ont arrêté Emballo sans aucun coup de feu. Son principal adversaire aussi a été mis aux arrêts et enfermé dans une caserne de l’armée. Tous deux avaient clamé leur victoire avant la proclamation officielle des résultats.
Mais ce coup d’état sans effusion de sang laisse perplexe l’opinion internationale. Car c’est le président Emballo en personne qui l’a annoncé à la communauté internationale à partir de son bureau en appelant la presse française. Les généraux qui ont pris le pouvoir ont déjà choisi le nouveau président qui va gérer le pays pour une période de transition d’une durée d’un an.
Autre curiosité, ils ont laissé Emballo quitter le pays par un avion affrété par le Sénégal.
Qui a fait la médiation ? Personne ne peut le dire pour le moment. Mais il est sûr que la diplomatie sénégalaise y a joué un rôle important car c’est le ministère des affaires étrangères qui a sorti un communiqué qui révèle qu’il est arrivé à Dakar ”en bonne santé”.
Quant aux auteurs du coup d’état, ils expliquent qu’un autre coup d’état était en gestation ourdi par d’autres militaires et des trafiquants de drogue. Leur action serait donc motivée par la volonté de protéger le pays contre les narcotrafiquants. Une explication un peu tirée par les cheveux.
Un analyste politique croit savoir que ces militaires qui viennent de prendre le pouvoir pourraient être des membres ou sympathisants du Paigc, parti qui a lutté contre le colonisateur portugais et obtenu l’indépendance. Ce parti n’avait pas pris part aux élections générales en décidant de boycotter.
Pour séparer les deux candidats en tête, le Paigc a actionné ses sympathisants afin d’annuler le vote. Car ce parti historique joue toujours les trouble-fêtes lors d’élections auxquelles il ne présente pas de candidat. C’est grâce au Paigc que la plupart des actuels généraux bissau-guinéen ont pu bénéficier d’études de grandes académies militaires en Occident.
Mais une chose reste certaine, ce coup d’état semble n’être qu’un simulacre. Mais il s’est soldé par un succès.























































































