Malgré une récolte abondante, la commercialisation de l’arachide dans la région de Sédhiou traverse une zone de fortes turbulences. Entre blocages logistiques à la SONACOS, manque de financement des opérateurs et prix jugés dérisoires, les paysans voient leurs espoirs de profit s’évaporer. Le rythme de la collecte est jugé « lent » par le Directeur régional du développement rural (DRDR), Samba GUEYE. Sur les 98 points de collecte prévus dans la région, seuls13 sont actuellement fonctionnels, localisés exclusivement dans les départements de Bounkiling et
Sédhiou.
Le département de Goudomp, quant à lui, est totalement délaissé. Sur 60 444 tonnes collectées au total, seulement 3 769 tonnes acheminées vers la SONACOS et un stock dormant de 2 275 tonnes en attente d’évacuation.
Un démarrage à pas de caméléon
Les agriculteurs déplorent l’immobilisation de camions loués pendant plus de vingt-cinq jours devant l’usine, incapable de décharger. Ce blocage logistique à la SONACOS paralyse toute la chaîne et accentue la vulnérabilité économique des paysans qui ne peuvent plus écouler leurs stocks. Face à la faillite du circuit officiel, des acheteurs opportunistes sillonnent les villages en proposant des prix entre 240 et 250 FCFA le kilo, bien en dessous des attentes.
Des camions immobilisés pendant 25 jours
Plus grave encore, à Niagha, une crise de confiance s’est installée. Des acheteurs tentent d’emporter les récoltes vers Ziguinchor avec des promesses de paiement ultérieur. Pour débloquer la situation, le DRDR Samba GUEYE préconise plusieurs mesures d’urgence pour les producteurs notamment « s’organiser en coopératives pour vendre directement à la SONACOS sans intermédiaires et créer des zones de réception provisoires proches des gros bassins de production pour réduire l’impact de l’enclavement ».
Le spectre du bradage et de l’insécurité financière
Il propose également de « régler le problème des crédits impayés des opérateurs auprès des banques pour relancer les capacités d’achat ». L’abondance de la récolte cette année tourne paradoxalement au cauchemar pour les acteurs du Sud. Sans une intervention rapide pour fluidifier les déchargements à l’usine et sécuriser les transactions financières, le « pacte de confiance » entre l’État et le monde rural risque de se rompre durablement dans la région de Sédhiou.

Walf























































































