Solo Quotidien, qui a activé ses radars un peu partout, notamment chez les pontes de l’ancien régime, est en mesure de révéler que l’ancien ministre des finances, Abdoulaye Daouda Diallo, a passé une bonne partie de la journée ce mardi 23 septembre 2025 dans les redoutés locaux de la Division des Investigations Criminelles sis en plein cœur de Dakar.
Entré en tapinois à la DIC, dans un véhicule de prestige aux vitres teintées, aux fins certainement de passer inaperçu, celui qui a été le surintendant des finances sous Maky Sall a été entendu, pendant plusieurs heures d’affilée dans le cadre de l’enquête sur la gestion des finances publiques.
De nos recoupements menés tambour battant, il ressort que les perspicaces limiers de la DIC s’intéressent sur des transactions suspectes, notamment des mouvements au niveau certains établissements bancaires entre autres marchés passés sous sa responsabilité.
Et, c’est aux environs de 19 heures que les enquêteurs ont délivré l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Qui, nous revient-il « reste à la disposition de la justice ».
Il nous revient, cependant que d’autres « pontes du Macky » sont visés par le même référé de la Cour des comptes, qui vaut la convocation à « ADD » et ayant conduit à l’ouverture de procédure judiciaire confiée à la DIC.
C’est dans ce cadre que la Division des investigations criminelles (Dic), chargée des auditions, a commencé par entendre d’éminents cadres du Trésor.
Parmi les premiers concernés figuraient deux figures majeures de l’institution : Adama Racine Sow, Trésorier général de mai 2015 à mai 2020, et Waly Ndour, qui a occupé ce poste de 2008 à 2012 avant d’être nommé, sous Macky, à la tête de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).
Leurs auditions ont-elles fourni aux enquêteurs des éléments clés pour comprendre les mécanismes d’un système parallèle dans lequel des fonds publics auraient été détournés, en dehors des circuits budgétaires officiels ? Mystère et boule de gomme.
L’enquête, à l’actif de la DIC, porte notamment sur deux dossiers sensibles. Le premier concerne l’ouverture de plusieurs Dépôts à terme (Dat) – des comptes assimilables à des placements bloqués pour une durée déterminée (3, 5 ou 12 mois), normalement non retirables avant échéance.
Dans ce dossier impliquant l’ancien ministre Amadou Ba, c’est une somme vertigineuse de 141 milliards 87 millions de FCFA qui est en cause.
Selon la Cour des comptes, la quasi-totalité de ces dépôts auraient été « cassés », c’est-à-dire retirés avant terme, sans que les montants n’aient été reversés au Trésor public.
Outre Amadou Ba et Abdoulaye Daouda Diallo, successivement ministres des Finances et du Budget, les noms de Birima Mangara (alors ministre délégué chargé du Budget) et de Cheikh Tidiane Diop (ex-Directeur général du Trésor et Secrétaire général du ministère des Finances à l’époque) sont également cités.
« Tous, entre autres, sont dans le collimateur de la justice » avons-nous appris.
Il y’a un second dossier qui porte sur le scandale présumé des certificats nominatifs d’obligation (Cno), évalués à 546,7 milliards de FCFA.
Affaire à suivre…
M.Ndiaye
















